3/24/12

Voila la femme à qui j'ai pris le nom Goldberg- je l'ai pris comme pseudonyme, comme cachette et protection dans un monde parallèle qui m'inspirait autant de curiosité que de méfiance. Ida Goldberg fit sa première apparition sur Facebook en mai 2009, puis elle commença à vraiment exister avec ce blog. Ce qui consciemment était une hésitation de se dévoiler intégralement sur internet est en réalité la distinction entre deux identités: une identité créatrice et une identité civile, à un moment ou Ida Goldberg dessinait et l'autre Ida suivait un cursus d'éducation secondaire. Je vais l'appeler 'l'autre Ida' car à quoi bon maintenir en vie un pseudonyme si on ne voile pas son vrai nom. 
Maintenant l'autre Ida est inscrite dans une école d'art publique et elle dessine- la mission d'Ida Goldberg est achevée, elle pourrait se retirer ou bien s'unir à l'autre. Mais elle continue à exister et à publier et ainsi une nouvelle distinction se produit. ce qui avant séparait création et devoir tire maintenant une limite entre deux modes de création. la création dite officielle, celle qui est notée et discutée et celle que l'on qualifiera d'inofficielle, qui n'a pas de compte à rendre. le travail scolaire se fait en cocon, il ne quitte jamais l'atelier et le cercle des gens qui y sont accueillis- il le quittera seulement quand il répondra à des exigences précises ce qui en fera de travail de qualité digne à l'exposition et ainsi la confrontation à un public impitoyable. le travail inofficiel, celui du carnet, des chipotages photoshop, du commentaire, du reportage, des expérimentations et des ébats, que la plupart des artistes ne publient pas est celui qui est chez moi rendu public, car justement, il n'a rien à perdre. personne va demander à Ida Goldberg si elle est artiste ou non, on accepte ses dessins sans vouloir l'étiqueter. 
des fois je vis cette séparation comme une schizophrénie malsaine, comme une nuisance. comme si c'était la division de mon énergie et non pas la diversification de mes pratiques. mais des fois je prends un certain gout a avoir deux aires de jeu distincts, qui obéissent à des critères différents et vivent d'impulsions diverses. 
les frustrations d'un domaine peuvent être pleinement compensées dans l'autre. 
je vous montre cette femme qui a initié mon pseudonymat et je donne un visage à Ida Goldberg. le même que celui de l'autre Ida- peut-être pour les rapprocher. peut-être un jour y aura-t-il le nom de l'autre en titre de ce blog- pour l'instant, retournons-le. 
Merci à Lou